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dimanche 9 février 2025

HORTA TAGUÉ

La station de prémétro Horta, située au cœur de Saint-Gilles, abrite quelques précieux vestiges (gardes-corps, vitraux) de ce qui fut la Maison du Peuple, chef-d'œuvre Art nouveau construit par l'architecte Victor Horta en 1998 et stupidement détruit en 1965.

Oubliés par la STIB, ces vestiges merveilleux sont désormais livrés à la frénésie des tagueurs, comme le reste de la station, sans doute une des plus dégradées du réseau. 



jeudi 1 août 2024

PAUL HAMESSE EN BLANC

Maison réalisée par Paul Hamesse en 1907. Photographiée avant sa rénovation récente, quand la façade était encore toute blanche.

Place Antoine Delporte 17
1060 Saint-Gilles










lundi 25 mai 2020

SALON DE COIFFURE

Ancien salon de coiffure, années 40 ou 50, apparemment délaissé par son propriétaire, au début de la rue de Rome, à mi-chemin entre la Barrière de St-Gilles et la Porte de Hal. Il manque une lettre, mais il me semble qu'il s'appelait Emile dames messieurs.

15 rue de Rome
1060 Saint-Gilles




dimanche 25 mai 2014

LES FOLLES FACADES DE GUSTAVE STRAUVEN

Entre la Barrière et la Maison Communale de St Gilles, on peut voir un étrange objet Art-Nouveau, sorte de bouquet de ferronneries, d'huisseries et de briques multicolores. C'est une maison de Gustave Strauven. Moins connu que Victor Horta, dont il fut l'élève, ou plutôt l'apprenti, il a signé une trentaine de maisons et d'immeubles, dont la surréaliste Maison Saint-Cyr, square Ambiorix. A peine plus sobre, la Maison De Beck en reprend quelques principes : mélange de matériaux (fer, bois, briques), aucune fenêtre identique, étages tous différents, colorisation, spirales métalliques en toiture. La façade est principalement composée d'un bow-window, complété à gauche par une deuxième travée plus étroite, et au dessus par une lucarne devenue belvédère.
Classée monument historique tout récemment, en 2006, la Maison De Beck a quand même perdu en route son magasin du rez-de-chaussée, tristement remplacé par un banal salon de coiffure, soi-disant esthétique.
Grièvement blessé pendant la première guerre mondiale, Gustave Strauven mourra en 1919, à l'âge de 40 ans.

Avenue Paul Dejaer 9, St Gilles

LIENS :
http://www.irismonument.be

dimanche 3 mars 2013

L'UNION ST-GILLOISE

Franchement, s'il y a un endroit où on est certain de ne jamais me rencontrer, c'est bien dans un stade de foot. Mais pour l'Union St-Gilloise, j'ai fait une exception. Pas que je sois fan de ce club qui eu son heure de gloire avant-guerre, mais parce que son stade est un petit bijou oublié d'architecture années 30.
Curieusement, c'est à Forest, de l'autre côté du Dudenparc, que ce cache le stade Joseph Marien. Faut croire qu'à St Gilles, en 1926, on manquait de place pour taper dans le ballon.

C'est l'architecte Albert Callewaert qui s'y colle. Un bâtiment d'une centaine de mètres de long, en briques et pierres, ponctué de bow-windows et de bas-reliefs sportifs réalisés par le sculpteur Oscar De Clerck. Egalement au palmarès sur le podium, René Gillion, entrepreneur.

Dans l'axe de la façade, encadrée par deux costauds couronnés de laurier, l'entrée principale proclame fièrement :

Union Saint-Gilloise
Société Royale
Sports Athlétiques

Voilà qui donne envie d'aller mouiller le maillot sur la pelouse, telles les sculptures d'Oskar : footballeur dribblant habilement son adversaire, sprinter pulvérisant le record du Brabant wallon. Prêt à hisser les couleurs de l'Union, un peloton de hampes de drapeaux court le long de la corniche.

Toutes ces émotions donnent soif. Heureusement, en troisième mi-temps, le club house attend le supporter, qui vient chanter la victoire de l'équipe, tout en éclusant quelques Duvel, dont l'enseigne clignote joyeusement sur la façade.

jeudi 7 juin 2012

LE ROUGE ET LE NOIR

F. Vervalcke et A. Marit étaient ils anarchistes ? Les deux Architectes signent en 1936, c'est à dire en pleine guerre d'Espagne, cette maison polychromique au 41 rue de Bordeaux, où dominent le rouge et noir de la porte d'entrée.
Ce sera leur seule réalisation en ville, et les deux mystérieux auteurs de cet objet aux couleurs anarcho-syndicalistes disparaissent ensuite dans un étrange anonymat. En Catalogne, peut-être.


















jeudi 24 mai 2012

DETROIT - USA

Il reste encore quelques jours (jusqu'au 27 mai) pour voir à la Maison du Peuple de St Gilles l'extraordinaire exposition de photos de Yves Marchand & Romain Meffre : Détroit, Vestiges Du Rêve Américain. Un constat terrible et magnifique de l'effondrement d'une civilisation. 

Des immeubles entiers désertés, abandonnés, même pas taggés, juste vidés de leurs habitants : gares, hôtels, usines, maisons, théâtres, écoles, bibliothèques, ...
Tout est resté en place, les meubles, les fringues, les bouquins,... mais il n'y a plus personne. Une ville fantôme. C'est Detroit post-atomique. La fin du rêve américain. Donc, un peu (beaucoup) la fin du notre aussi.

www.marchandmeffre.com

http://stgillesculture.irisnet.be


jeudi 22 mars 2012

HOTEL POP


Place Loix, dans un quartier de St Gilles à la limite du triste, à deux pas de l'ancien Carmel dit couvent des Carmélites Chaussées, se trouve un des hôtels les plus pop de Bruxelles. Le genre d'endroit où l'on pourrait tourner un remake belge de Temptress Of 1000 Faces, voire Le Retour De Diabolik, si Ennio s'y recolle. Au départ, en 1972, l'immeuble est signé Simon Borensztein, architecte qui est également l'auteur d'un ensemble voisin au 74 rue de la Source. Mais Michel Penneman et Olivier Hannaert, dans les années 2000, le relookent pop, et le renomment Pantone Hotel, avec balcons en couleurs et design façon Roche-Bobois sixties réinventé. On recroise d'ailleurs le même duo au Vintage Hotel, rue Dejoncker 45, toujours à St Gilles. Bulles, poufs et faux-plafond haricot accueillent le client, qui pourra venir en Austin Cooper ou DS 21, accompagné de sa Marisa Mell en mini-jupe.

Place Loix, 1
1060 Saint-Gilles

www.pantonehotel.com

mardi 21 février 2012

LE GARAGE DE BOB MORANE

Avec ses fenêtres en longueur, ses mats porte-drapeaux, son auvent en béton arrondi et sa bichromie Colgate en rouge et blanc, la Station Lausanne est une de ces petites stations-service modernistes qui ponctuent le paysage bruxellois. Réalisée en 1957, elle fait partie d'un bout de quartier aménagé dans les années 50 par les architectes Roger Dejeneffe et Joseph Thomas autour du square Baron Alfred Bouvier.
A la même époque naît un nouvel héros belge, Bob Morane, qui va devenir célèbre en collectionnant ses aventures en Marabout junior, magnifiquement illustrées par Pierre Joubert. Et justement, comme Bruxelles est petit, c'est dans ce lopin de district fifties que réside Henri Vernes, son auteur, qui, coïncidence, vient de publier ses mémoires aux éditions Jourdan. C'est donc tout naturellement dans ce garage que Bob vient régulièrement faire le plein de sa Jaguar Type E.

Place Hermann Dumont 4
1060 St Gilles



lundi 6 février 2012

GARAGE BRICO

Les Belges, qui adorent les bagnoles au point d'en couvrir leurs trottoirs et leurs places, tout en suivant à la radio le redoutable RTBF mobilinfo donnant tous les quarts d'heure l'état de la circulation, ont construit dans leur capitale une batterie étonnante de garages et de stations-services. Au nord, le garage Citroën, déjà présenté ici, reste un monument. Au sud, l'équivalent était peut-être les établissements Paul E. Cousin, en haut de St Gilles, réalisés par l'architecte Fernand Petit en 1928, et spécialisés en voitures américaines deluxe (Buick, Cadillac, Pontiac...), et plus tard, Mercedes. A l'arrivée : un building discret de 30 fenêtres surlignées d'une frise Art-déco, posé sur un vaste show-room vitré, avec vitraux et drapeaux triomphants. On retrouve le même Fernand Petit un peu partout à St Gilles et Ixelles, de la rue Dejoncker à La Gare Du Midi.
Aujourd'hui Paul E. Cousin est devenu le colossal Brico, panthéon du do-it-yourself bruxellois. Restent des vitraux, des hampes sans drapeaux, des colonnes... souvenirs d'une époque automobile glorieuse que Brico, malgré l'utilité de ses étalages et le charme de ses vendeuses, ne pourra égaler.

Chaussée de Charleroi, 239
1060 St Gilles

lundi 19 décembre 2011

LE MONSTRE DU MIDI

Science & Vie annonce que les scientifiques seront bientôt en mesure de faire revivre des dinosaures ou des mammouths. Voilà qui a peut-être inspiré Jean Nouvel, qui pour son projet sur la Gare du Midi ressuscite les pires utopies des années 60 : une immense double barre en V de 120 m de haut, soit un peu moins que la Tour du Midi (150 m), et 3 fois plus que les immeubles en gradins de la rue Fonsny (40m).
Les premières images de ce mastodonte, qui étaient d'une brutalité effrayante, ont été remplacées sur internet par de plaisantes vues de nuit, effets lumineux, fondus enchaînés dans le paysage et autres vieux trucs d'architecte, destinés à faire passer ces falaises en béton armé pour d'amusants jeux de lumières. La vue de la maquette, elle, ne trompe pas et donne une idée du monstre, qui écrasera le centre ville de Bruxelles, Anderlecht et le bas de St-Gilles sous ses façades vertigineuses. Mais comment justifier ce colosse grotesque ? Jean Nouvel prétend qu'il en fera la "porte de la Capitale de l'Europe". Vu de Paris, peut-être. Vu de Bruxelles, ce monument babylonien sera un cauchemar. Le symbole de l'Europe écrasée sous le poids de ses dettes, sans doute.
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, la Gare du Midi était ce bâtiment en briques élégant, moderne, remarquablement dessiné par Fernand Petit, Adrien et Yvan Blomme, qui accueillait généreusement les voyageurs en leur offrant l'heure du haut de son beffroi Art Déco, lamentablement détruit dans les années 90.

Liens :
Quartier Midi
Inventaire du Patrimoine Architectural

dimanche 23 octobre 2011

WATERLOO ART NOUVEAU

A l'heure où l'on expose façon puzzle la façade en pièces détachées de l'Hôtel Aubecq, vestige d'un immeuble de Victor Horta démoli en 1950, il est paradoxal de constater qu'à Bruxelles d'autres maisons Art Nouveau menacent de subir le même sort, 60 ans après, sans qu'on ait cette fois l'excuse facile du rejet qu'avaient les fifties pour "l'art nouille". A deux pas du métro Horta, justement, s'alignent depuis 1901 six maisons de Jean-Pierre Van Oostveen. Trois ont été définitivement défigurées, une a été restaurée par sa propriétaire, les deux dernières vieillissent dans un état affreux, un pied dans la tombe, l'autre Chaussée de Waterloo.

Lien :
www.irismonument.be

Chaussée de Waterloo, 250 et 252, Saint Gilles.


24 mai 2020
Mise à jour de l'article, suite à la restauration et à la sauvegarde des maisons en 2019. Un superbe sgraffite a ainsi fait une réapparition aussi miraculeuse qu'inattendue en haut d'une des façades.
En bas : 2 croquis, réalisés en 2011.