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lundi 13 février 2012

BETON MYSTIQUE

Mystérieuse vigie en béton armé, le clocher de l'église St-Jean-Baptiste de Molenbeek domine les quartiers nord de Bruxelles, de l'autre côté du canal. Joseph Diongre, architecte, entre autres, de l'immense paquebot de la Place Flagey, a signé en 1930 ce petit vaisseau de christianisme Art-déco. 

Face au parvis, qui ici comme ailleurs dans la capitale belge sert surtout de parking, la façade présente une immense croix en claustras, axée sur la porte d'entrée, et un petit bas-relief mettant en scène le baptême du Christ dans les eaux du Jourdain. A l'intérieur, dans la lumière multicolore des vitraux, la nef en arcs paraboliques s'inspire directement des bâtiments industriels, notamment des hangars à dirigeables construits par Eugène Freyssinet à Orly, près de Paris, au début des années 20. En haut du clocher, au centre d'une croix, est perchée une pendule, objet rare sur une église car Dieu, qui est éternel comme chacun sait, se fout pas mal de savoir l'heure. Mais à Molenbeek, on est moderne, donc pratique, alors on trouve cette horloge bien utile.

Chose étrange et prémonitoire, les vitraux, qui apparaissent vus de l'extérieur comme de simples claustras basés sur la décomposition géométrique du carré, évoquent irrésistiblement l'architecture des mosquées, dans le centre ville devenu aujourd'hui pratiquement 100% Halal de Molenbeek-St-Jean.

Parvis Saint-Jean-Baptiste 
1080 St-Jean-Molenbeek

mardi 18 octobre 2011

RADIO PAQUEBOT

Peu connu en dehors du royaume (il ne figure même pas dans le dictionnaire des architectes, éditions Seghers, 1982), Joseph Diongre dessine en 1933 ce magnifique paquebot de briques et de verre, amarré au bord des étangs d'Ixelles. C'était La Maison de la Radio, « l’usine à sons », aïeule bruxelloise de la future maison parisienne de l'ORTF, avec ses studios d'enregistrement, ses multiples bureaux et le mat de son sémaphore d'où s'envolaient les ondes de l'émetteur de l'Institut national de radiodiffusion belge.
Mais les années passent... En 1967, La RTB (Radio Télévision Belge) quitte le navire et le bâtiment délaissé commence à rouiller, prenant de la gîte et des allures de vaisseau fantôme, tel le France au Havre, abandonné sur le quai de l'oubli.
Sauvé de la noyade et du démantèlement en 1998, Le Flagey se remet à flot, devenant centre culturel, avec des concerts, une salle de la Cinematek et le Café Belga, où l'on boit une Vedett sur le débarcadère de la Place.

Place Flagey, Ixelles.