dimanche 26 février 2012

ART DECO AU METTEKO

Au fond du Metteko, bar latino du côté de La Bourse, on remarque entre la porte des cuisines et celle des lavabos ce très beau vitrail Art-deco, dont la cigogne semble indiquer qu'à une époque, le Metteko faisait plutôt dans la choucroute que le burrito.

Boulevard Anspach 88
Bruxelles 1000



mardi 21 février 2012

LE GARAGE DE BOB MORANE

Avec ses fenêtres en longueur, ses mats porte-drapeaux, son auvent en béton arrondi et sa bichromie Colgate en rouge et blanc, la Station Lausanne est une de ces petites stations-service modernistes qui ponctuent le paysage bruxellois. Réalisée en 1957, elle fait partie d'un bout de quartier aménagé dans les années 50 par les architectes Roger Dejeneffe et Joseph Thomas autour du square Baron Alfred Bouvier.
A la même époque naît un nouvel héros belge, Bob Morane, qui va devenir célèbre en collectionnant ses aventures en Marabout junior, magnifiquement illustrées par Pierre Joubert. Et justement, comme Bruxelles est petit, c'est dans ce lopin de district fifties que réside Henri Vernes, son auteur, qui, coïncidence, vient de publier ses mémoires aux éditions Jourdan. C'est donc tout naturellement dans ce garage que Bob vient régulièrement faire le plein de sa Jaguar Type E.

Place Hermann Dumont 4
1060 St Gilles



lundi 13 février 2012

BETON MYSTIQUE

Mystérieuse vigie en béton armé, le clocher de l'église St-Jean-Baptiste de Molenbeek domine les quartiers nord de Bruxelles, de l'autre côté du canal. Joseph Diongre, architecte, entre autres, de l'immense paquebot de la Place Flagey, a signé en 1930 ce petit vaisseau de christianisme Art-déco. 

Face au parvis, qui ici comme ailleurs dans la capitale belge sert surtout de parking, la façade présente une immense croix en claustras, axée sur la porte d'entrée, et un petit bas-relief mettant en scène le baptême du Christ dans les eaux du Jourdain. A l'intérieur, dans la lumière multicolore des vitraux, la nef en arcs paraboliques s'inspire directement des bâtiments industriels, notamment des hangars à dirigeables construits par Eugène Freyssinet à Orly, près de Paris, au début des années 20. En haut du clocher, au centre d'une croix, est perchée une pendule, objet rare sur une église car Dieu, qui est éternel comme chacun sait, se fout pas mal de savoir l'heure. Mais à Molenbeek, on est moderne, donc pratique, alors on trouve cette horloge bien utile.

Chose étrange et prémonitoire, les vitraux, qui apparaissent vus de l'extérieur comme de simples claustras basés sur la décomposition géométrique du carré, évoquent irrésistiblement l'architecture des mosquées, dans le centre ville devenu aujourd'hui pratiquement 100% Halal de Molenbeek-St-Jean.

Parvis Saint-Jean-Baptiste 
1080 St-Jean-Molenbeek

lundi 6 février 2012

GARAGE BRICO

Les Belges, qui adorent les bagnoles au point d'en couvrir leurs trottoirs et leurs places, tout en suivant à la radio le redoutable RTBF mobilinfo donnant tous les quarts d'heure l'état de la circulation, ont construit dans leur capitale une batterie étonnante de garages et de stations-services. Au nord, le garage Citroën, déjà présenté ici, reste un monument. Au sud, l'équivalent était peut-être les établissements Paul E. Cousin, en haut de St Gilles, réalisés par l'architecte Fernand Petit en 1928, et spécialisés en voitures américaines deluxe (Buick, Cadillac, Pontiac...), et plus tard, Mercedes. A l'arrivée : un building discret de 30 fenêtres surlignées d'une frise Art-déco, posé sur un vaste show-room vitré, avec vitraux et drapeaux triomphants. On retrouve le même Fernand Petit un peu partout à St Gilles et Ixelles, de la rue Dejoncker à La Gare Du Midi.
Aujourd'hui Paul E. Cousin est devenu le colossal Brico, panthéon du do-it-yourself bruxellois. Restent des vitraux, des hampes sans drapeaux, des colonnes... souvenirs d'une époque automobile glorieuse que Brico, malgré l'utilité de ses étalages et le charme de ses vendeuses, ne pourra égaler.

Chaussée de Charleroi, 239
1060 St Gilles

mercredi 18 janvier 2012

LA DANSE DES 4 SAISONS

Rue Fossé-aux-Loups, le passant égaré, sortant de son après-midi de shopping rue Neuve, peut, s'il décolle le regard du cadran de son gsm, découvrir soudain sur sa gauche un bas-relief monumental déroulant une étrange farandole sur le mur. Qui sont ces dames aux yeux bridés, aux formes arrondies, qui dansent pieds nus au dessus des badauds, agitant leurs voiles et leurs cerceaux ? Pourquoi ces petits cupidons, ces musiciens, ces jeunes éphèbes au pagne exotique peu adapté au climat souvent frisquet du petit royaume ? C'est la Danse Des Quatre Saisons, du sculpteur flamand Oscar Jespers, qui depuis 1950 anime l'entrée austère de l'ex Caisse Générale d'Épargne et de Retraite. Mixant habilement la pierre et le métal, l'immeuble lui-même est signé Alfred Chambon, qu'on ne confondra pas avec son père, Alban. On retrouvera Oscar dans quelques autres quartiers de la capitale, et son petit atelier moderniste fait toujours le coin au 149 avenue du Prince Héritier, à Woluwe-Saint-Lambert.

Rue du Fossé aux Loups 48
1000 Bruxelles

Liens :
Oscar Jespers, par José Boyens
Sculpture publique en Belgique