mardi 18 mars 2014

CRY ME A RIVER

Couramment utilisée dans la mode et le design, le noir reste une couleur un peu maudite en architecture. Rares sont en effet les immeubles teintés réglisse. Il faut donc s'aventurer dans un quartier un peu perdu, rue de la Senne, presque à Emmaüs, à l'ombre de la cheminée de l'ancienne poudrière. C'est là, dans ce district qui hésite encore entre lofts et hallal, que les architectes Lhoas & Lhoas ont rénové en anthracite un petit îlot d'immeubles industriels. Du noir donc, mais pas seulement, car ponctué de balcons acidulés vert et orange. Sur le toit, une enseigne courbe affiche en arc-en-ciel Cry Me A River. Citation de Julie London, de Joe Cocker, ou d'It's A Beautiful Day Live At Carnegie Hall ? Pas du tout. Juste un petit clin d'oeil nostalgique (dû à l'artiste Ugo Rondinone) à l'ancienne rivière de Bruxelles, la Senne, qui passait ici avant d'être enfouie dans les réseaux d'égouts, à la fin du XIXe siècle. Et puis le printemps est arrivé, et changement de programme, Cry Me A River a aussi disparu, faisant désormais place aux quatre lettres KINO.

Rue de la Senne, 1000 Bruxelles

Liens :
Lhoas & Lhoas
Ugo Rondinone



lundi 10 mars 2014

L'ENFER DE GENVAL

On va donc construire une nouvelle tour à Bruxelles. Une de plus. Son nom ? Silver Tower. Dans un genre où la médiocrité est la règle, il est probable qu'elle ne sera ni plus ni moins moche que ses voisines. Probable, mais pas certain, car elle sera réalisée par l'Atelier d'Architecture de Genval, une agence qui a déjà prouvé plusieurs fois que le pire était toujours possible.

Quelques exemples :
En tête de gondole, le Parlement Européen, ce mastodonte censé représenter l'Europe, et qui n'a réussi qu'à représenter un fromage, le Caprice Des Dieux.
Toujours dans le quartier européen, la tour Joseph II, avec son élégant bouquet de fausses arches en verre fumé (souligné de jaune citron), planté comme une botte de poireaux sur sa terrasse.
A l'entrée du Bd Albert II, Euroclear présente une variation amusante de l'esthétique boite à chaussures, avec ses fausses lucarnes pointues en toiture.
Mais le sommet du kitsch bureaucratique est sans doute atteint avec le Marquis Building, ce pastiche néo-gothique cauchemardesque, construit à la fin des années 80, juste à côté de la cathédrale.

Plus d'infos sur le site de Genval, ou dans le livre paru en 2002 chez Arca Edizioni.


samedi 22 février 2014

WIELS BUILDING

La bière fit la fortune des Wielemans-Ceuppens. Partis boulangers, ils arrivèrent millionnaires. La bibine, qui coulait à flots dans les gosiers assoiffés du peuple belge, remplit les caisses de la famille, qui acheta en 1879 un vaste terrain marécageux à la sortie de Bruxelles pour y implanter sa nouvelle brasserie. En 1930, on remet ça, et l'architecte Adrien Blomme est chargé de construire la nouvelle salle de brassage. Façades épurées, fenêtres en longueur, béton armé et drapeau, Blomme dessine un véritable building à bière. Pendant un demi-siècle, de ce vaisseau amarré à Forest, la Wiel's inondera la Belgique. Hélas en 1988, sous la pression de la concurrence, le bateau coule. Echouée au bord des voies ferrés, la brasserie a la gueule de bois. Va t-on la liquider définitivement ? Mais en 2007, tournée générale, elle devient le Wiels, centre d'art contemporain, et même si le houblon n'y fermente plus, les énormes cuves en cuivre sont toujours là. Une architecture qui donne soif.

Le Wiels

lundi 27 janvier 2014

LUCIEN DE ROECK

Graphiste, affichiste, illustrateur, dessinateur de BD, dessinateur de presse, peintre, typographe, professeur, bref artiste complet, Lucien De Roeck avait-il quatre mains ? Don d'ubiquité ? Dormait-il seulement une heure par nuit ? Il est vrai que sur la page d'accueil de son site ( Fonds Lucien De Roeck), il a l'air un peu fatigué. En Belgique, il est surtout connu pour être l'auteur de l'étoile asymétrique à 5 branches, symbole de l'Expo 58, ce moment de grâce du XXe siècle où le petit royaume a connu son apogée, et dont tout vrai Belge est encore nostalgique.
Il y a dans le graphisme de De Roeck un dynamisme, une légèreté et un optimisme qui condense peut-être à lui tout seul le meilleur de ce pays. Personnellement, ce sont ces plans de ville qui me fascinent le plus. Quand je dis ville, je parle bien sûr de Bruxelles, que De Roeck devait connaître et aimer passionnément. En témoignent de multiples publications, dépliants, couvertures de livres, cartes postales, affiches, etc.

Fonds Lucien De Roeck

jeudi 16 janvier 2014

AUX PORTES DE BRUXELLES (1)

Années 30, 50 ou 60, Art-déco, fifties ou cinétique, en métal, en bois ou en fer forgé, 7 portes vues à Bruxelles, au hasard des rues, sans avoir toujours noté l'adresse exacte...

1 : Avenue Molière 149
2 : Rue Henri Wafelaerts 2
3 + 4 : Rue St Bernard 57
5 : Chaussée d'Alsemberg
Adresses inconnues pour les autres.