lundi 28 janvier 2013

ROYAL BUILDING

Jacques Cuisinier, comme son nom ne l'indique pas, était architecte. Peut-être spécialisé dans les tours. En tout cas, à Bruxelles, il en a construit au moins 3 : le Centre Rogier (Tour Martini), la Tour Brusilia (à Schaerbeek), et le Royal Building, en haut de Forest, place Albert.

C'est donc en 1965 que poussent les 70 mètres de cette tour de 120 logements, divisés en 20 étages du haut desquels on a une vue imprenable sur la prison de St Gilles, le Bar du Matin, le supermarché Match, les bouches du prémétro et une étrange statue en bronze anonyme, qui monte la garde entre deux feux rouges.

En briques claires, un peu fatigué aux angles, le Royal Building a de la gueule, et réussit à mon avis plutôt bien son insertion dans ce quartier de maisons fin XIXe / début XXe typique du haut de St Gilles. La courbe de la façade principale, la construction en gradin, le traitement habile des pignons côté Est avec ses escaliers de secours façon New-York, expliquent sans doute cela. Sans oublier le dégagement offert par la place et le parc de Forest, au bout de l'avenue Besme. Une longue antenne, haute comme un pylône, couronne le bâtiment.

On raconte que depuis la terrasse, des visiteurs clandestins communiquent par signaux lumineux avec les taulards septante mètres plus bas. Est-ce bien la vérité ? Je ne sais. Le hall d'entrée, assez banal, voire un peu triste, n'est visiblement pas à la hauteur du lieu. Il lui manque quelque chose de sixties, ou de royal, justement. Quelques commerces se sont nichés au pied de la tour : marchand de journaux, épicerie bio, dentiste, cabinet médical.

A deux pas du building, faisant vitrine dans une maison de la rue Ducpétiaux, on peu admirer un étonnant Elvis Presley Museum, accumulation compulsive de gadgets à la gloire du King, autre royal building, donc.

Liens :
Le Soir : Vivre dans une tour

mercredi 19 décembre 2012

LIVRE 2 : CINEMAS DE BRUXELLES

Ceux qui comme moi sont passionnés par l'architecture des vieux cinémas liront avec bonheur le pavé de 200 pages qu'Isabel Biver a consacré en 2009 aux temples de l'image animée bruxellois : Cosmo, Roxy, Astrid, Luxor, Pigalle, Apollo, Excelsior, Eldorado... En générique de fin, un index, très documenté, répertorie les adresses de tous les cinoches existants ou disparus, et permet de partir à leur recherche, du majestueux Métropole de la rue Neuve, devenu boutique de sapes (mais dont on apprend qu'il cache toujours un bas-relief de Zadkine), jusqu'au petit Faby, métamorphosé en Brico au fin fond de St Gilles.

Liens :
Cinemake
Mémoire Rock 60/70
bruxelles5 Photography
Les cinémas de Bruxelles


vendredi 14 décembre 2012

LIVRE 1 : HENRI MONTOIS

Pas vraiment un livre en fait, plutôt une plaquette promotionnelle pour le "Bureau D'Architecture Henri Montois", soit septante-deux pages couleurs et noir & blanc imprimées en 1977. En intro, toute l'agence pose en pattes d'eph' sous le portrait du boss, né en 1920, et décédé bien plus tard, en 2009. On lui doit l'Hôtel Hilton, boulevard de Waterloo, mais aussi hélas la terrible Blue Tower (ex tour S.A.I.F.I.), qui plombe l'avenue Louise depuis 1976. Des tours, Montois en plantera un paquet à Bruxelles, dans le quartier Manhattan (Ellipse Building) et vers la Place Rogier : Covent garden, Botanic Building, etc...

lundi 24 septembre 2012

PALAIS DES EXPOS
























Sur le plateau du Heysel, il n'y a pas que le stade de sinistre mémoire et les boules scintillantes de l'Atomium, il y a aussi le Palais des Expositions, connu également sous les noms de Grand Palais, ou Palais du Centenaire.
Car c'est pour marquer le coup du centenaire de la Belgique, en 1930, qu'est prévue une exposition universelle sur ce vaste plateau au nord de Bruxelles. Des raisons diverses font déraper le planning et c'est finalement en 1935 que le roi Léopold III inaugure l'Expo. Le Grand Palais en est l'élément principal, réalisé par l'architecte Joseph Van Neck, associé à l'ingénieur Louis Baes et l'entreprise ENGEMA. Un bâtiment en gradins monumental, voire autoritaire, un peu fascisant, du genre qui ne devait pas déplaire à Léon Degrelle, mais avec un petit côté Art-deco pas vilain.

Perchées en haut de la façade, quatre statues triomphantes symbolisent les moyens de transports. Quatorze autres statues, alignées au rez-de-chaussée comme à la parade, représentent la Belgique, ses activités industrielles et agricoles et ses différents corps de métiers...

Ca, c'était donc le boulot de Joseph Van Neck. A l'intérieur, changement de boss, c'est Louis Baes qui s'y colle et réalise une immense nef en béton armé, constituée d'arcs de 86 m de portée et 31 de haut. Là, on n'est plus dans le monumental, mais le technique, le fonctionnel, l'efficace. Une architecture de hangar à Zeppelins. Ou plutôt de gare, car Victor Bourgeois est chargé de l'aménager en Gare Modèle. Au fond de la nef clignote une immense carte lumineuse de la Belgique. Une loco en vitrail domine l'entrée.

Après quelques années de chômage, le Palais reprendra du service pour l'Expo 58, avec une nouvelle façade provisoire et parabolique constellée d'étoiles.

Aujourd'hui, le Palais est toujours là, dans la perspective du jeu de boules de l'Atomium. On y organise des salons, celui de l'Auto ou celui de la Maison (Batibouw). Si la façade a toujours de la gueule, l'intérieur est un peu tristoune. Le vitrail d'entrée a disparu et toutes les fenêtres, ou presque, ont été occultées. Il paraît que les exposants préfèrent présenter leur brol dans le noir.

Dehors, autour du plan d'eau où se mire le Palais, batifole désormais une adorable flopée de petits lapins.

mardi 11 septembre 2012

UNE NUIT AU MIRANO

Au métro Madou, à l'ombre de la tour du même nom, s'ouvre la Chaussée de Louvain. Une rue commerçante, populeuse, assez mal foutue, qui descend vers l'église de St Josse, avant de s'enfuir au loin vers le nord-est, vers Louvain, justement. Mais dans cette chaussée, il n'y a pas que des kébabs et des boutiques Dod, il y a aussi Le Marignan, le Mirano, et la Maison Hayoit. Sous une façade grandiose datée de 1927, Hayoit, toujours en piste, fait du linge de maison. Juste un peu plus haut, deux ex-cinémas encadrent la rue : Le Marignan et le Mirano. Le premier est en travaux. Quid de l'intérieur ? Je ne sais. Le Mirano, lui, a toujours belle gueule, avec son enseigne ailée délicatement posée sur un auvent monumental, entre Club Cocoon et Snack Istambul. Le tout date de 1951, signé René Ajoux, architecte. En 1978, rideau, le cinoche dépose les armes. Mais coup de bol, la salle devenue discothèque sous le nom de Mirano Continental, conserve la déco d'origine. Désormais, le nightclubber peut donc s'y trémousser frénétiquement sur le dancefloor, tout en admirant une élégante architecture vintage fifties.
A noter dans le programme, mercredi 9 septembre au Century (toujours Chaussée de Louvain), Sambo Contre Les Hommes Léopards, starring Rita Klein, inoubliable dans Maciste Vengeur Du Dieu Maya.

Chaussée de Louvain 38, 1210 Saint-Josse

Liens :
www.irismonument.be
www.memoire60-70.be
Cinémas de Bruxelles - Isabel Biver