jeudi 24 mai 2012

DETROIT - USA

Il reste encore quelques jours (jusqu'au 27 mai) pour voir à la Maison du Peuple de St Gilles l'extraordinaire exposition de photos de Yves Marchand & Romain Meffre : Détroit, Vestiges Du Rêve Américain. Un constat terrible et magnifique de l'effondrement d'une civilisation. 

Des immeubles entiers désertés, abandonnés, même pas taggés, juste vidés de leurs habitants : gares, hôtels, usines, maisons, théâtres, écoles, bibliothèques, ...
Tout est resté en place, les meubles, les fringues, les bouquins,... mais il n'y a plus personne. Une ville fantôme. C'est Detroit post-atomique. La fin du rêve américain. Donc, un peu (beaucoup) la fin du notre aussi.

www.marchandmeffre.com

http://stgillesculture.irisnet.be


dimanche 6 mai 2012

VICTOR FRAPPE A MIDI

On comprend désormais pourquoi la Tour Du Midi a l'air si triste : elle s'ennuyait toute seule, plantée bêtement devant la gare du même nom. Pour lui tenir compagnie, les autorités ont demandé à l'architecte Christian de Portzamparc et au promoteur Atenor d'imaginer le projet Victor. Victor ? Un petit bouquet de quatre tours supplémentaires qui viendront se grouper autour de leur grande soeur. Un fil rouge ficelle ce paquet cadeau, qui avec son style boite à chaussures bas de gamme, n'en est pas vraiment un. Au finish, il est clair que le but est de transformer radicalement ce quartier dans le même esprit que la gare du Nord, et son pittoresque champ de tours de bureaux.
Le terrain vient d'être rasé, supprimant au passage quelques immeubles modernistes qui sont allés rejoindre au cimetière l'horloge Art Deco de la gare. Seul subsiste le petit Tintin building, et la girouette de Hergé, qui regarde tristement s'affairer les pelleteuses de Victor.



LIENS :
L’ombre des tours
Inter-Environnement Bruxelles


lundi 9 avril 2012

LES 1000 MAISONS DE LOUIS TENAERTS



Qui était Louis Tenaerts ? Wikipedia prétend que cet architecte aurait construit environ 1000 bâtiments à Bruxelles. Paradoxalement, l'Inventaire du Patrimoine n'en répertorie qu'un seul. Où sont donc passés les 999 autres ? Mystère... En attendant d'en savoir plus, voici 3 maisons, toutes situées au nord d'Uccle. D'abord, au 5 rue de la Seconde Reine, cette extraordinaire composition géométrique en noir et blanc, presque un tableau abstrait, glissée en 1933 entre 2 immeubles en briques. Et puis, dans le même quartier, sur la très Ligne Claire avenue Coghen, les numéros 28, 40 et 68. Il y a du Mallet-Stevens dans le 68, avec son vitrail à la Barillet, sa fenêtre d'angle et son soubassement en strates noires. Plus timides, les villas 28 et 40 semblent cousines, avec le même bow-window cylindrique au dessus de la porte et leurs terrasses couvertes d'une pergola balnéaire; mais la façade s'est incurvée au 40, pour s'enrouler autour d'un poteau noir surligné d'une petite frise dorée.


jeudi 22 mars 2012

HOTEL POP


Place Loix, dans un quartier de St Gilles à la limite du triste, à deux pas de l'ancien Carmel dit couvent des Carmélites Chaussées, se trouve un des hôtels les plus pop de Bruxelles. Le genre d'endroit où l'on pourrait tourner un remake belge de Temptress Of 1000 Faces, voire Le Retour De Diabolik, si Ennio s'y recolle. Au départ, en 1972, l'immeuble est signé Simon Borensztein, architecte qui est également l'auteur d'un ensemble voisin au 74 rue de la Source. Mais Michel Penneman et Olivier Hannaert, dans les années 2000, le relookent pop, et le renomment Pantone Hotel, avec balcons en couleurs et design façon Roche-Bobois sixties réinventé. On recroise d'ailleurs le même duo au Vintage Hotel, rue Dejoncker 45, toujours à St Gilles. Bulles, poufs et faux-plafond haricot accueillent le client, qui pourra venir en Austin Cooper ou DS 21, accompagné de sa Marisa Mell en mini-jupe.

Place Loix, 1
1060 Saint-Gilles

www.pantonehotel.com




vendredi 9 mars 2012

GALERIE RAVENSTEIN



Un peu oubliée, un peu désertée, cette longue galerie qui joint deux œuvres tardives de Victor Horta, du Palais des Beaux Arts à la Gare Centrale. Peut-être est-elle un peu maudite, coupable d'avoir pris la place du Palais Granvelle, qui datait du XVIe siècle, et rasé pour l'occasion. On la doit aux architectes Alexis et Philippe Dumont, qui l'inaugurent en 1958, avec l'Expo, plus de 20 ans après avoir signé l'imposant building Shell, au bout de la rue.

En sortant du Bozar, ou de la projection des Tueuses En Collants Noirs à la Cinematek, on plonge d'abord sous une immense coupole en pavés de verre, tout en dévalant un long escalier circulaire en métal et mosaïque. Auparavant, en levant la tête, le passant un peu curieux aura remarqué au plafond du porche d'entrée une peinture monumentale, d'un style neo-académique fifties, à la symbolique obscure. C'est la première des quatre compositions anonymes, mais créditées officiellement à A. J. Baltus, qui décorent la galerie. Au centre de la rotonde, sous la verrière, l'Enlèvement d’Europe, fontaine en bronze de J.-M. Strebelle, a disparu, enlevée peut-être, justement. Un long passage conduit ensuite à la Gare Centrale, en longeant une batterie de commerces variés, martelée par la sono infernale du bar St Michel, où règne une obscurité étrange au milieu de l'après-midi.

Toujours du même artiste, deux autres fresques ésotériques montent la garde à la sortie de la galerie, surveillant le ketje qui farfouille dans les bacs de DVD de Bibliopolis, sous les constellations du Zodiaque.